Un an!

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Voilà, ça y’est, il y un an je posais pour la première fois mes pieds sur le sol brésilien. Un an, c’est peu dans une vie entière mais du haut de mes 21 ans c’est tout de même beaucoup. Je pense que c’est pour moi l’occasion de faire une sorte de bilan, de compte rendu de cette année qui est passée très très vite. Je pourrais aussi faire le point sur tous les sentiments que j’ai eu : la joie, le bonheur mais aussi la nostalgie et la tristesse. Pour info, il me reste encore un mois aussi, un tout petit mois qui va passer bien trop vite je le sens. Je compte en profiter au maximum ne vous inquiétez pas.

Donc revenons au tout début, vraiment tout début, quand j’ai dit au revoir à mes amis et à ma famille, clairement on ne se rend vraiment pas compte de ce qui nous arrive. On dit au revoir aux gens en sachant qu’on ne va pas les voir pendant plus d’un an mais en vrai on ne sait pas ce que ça fait. Donc des pleurs, des mots gentils, de l’amour, on apprend vraiment ce que les gens ressentent pour nous. Puis le départ arrive, je suis montée dans l’avion avec ma maman qui m’a accompagnée pendant les deux premières semaines. Là, première vague d’anxiété, je me rend compte que ça y’est c’est pour de bon. Puis les deux semaines passent, ma maman est toujours là, je peux toujours me reposer sur elle pour être conseillée et rassurée. On visite la ville, on a l’impression d’être en vacances, d’être en voyage et qu’on reviendra toutes les deux en France. Plusieurs fois pendant ces deux semaines j’angoisse tout d’un coup en m’imaginant être seule les jours suivants, les mois suivants, vais-je y arriver? Ma mère est là pour me rassurer, ça va… Puis elle s’en va, et je suis seule, mais encore une fois je ne m’en rends pas trop compte. Je rentre dans ma nouvelle maison, fais mes petites affaires. Je vais à une soirée où je rencontre quelques étudiants français, futurs compagnons de voyage. Et là, je tombe malade, super malade comme je ne l’ai jamais été. Une semaine clouée au lit avec de la fièvre, j’ai chaud, j’ai froid, des courbatures insupportables. Je pense même que c’est la dengue et j’apprends à mes dépens le fonctionnement brésilien : je fais des tests… qui sont perdus, je ne saurais donc jamais si c’était la dengue. Puis je me remet petit à petit et commence ma nouvelle vie au Brésil. Au début (mais au final je pense que je peux généraliser ça à l’année malheureusement) je ne suis pas trop en contact avec les brésiliens. On reste pas mal entre français. Je découvre la ville de long en large, je fais plein de randonnées (gros progrès pour moi qui déteste la marche) et je découvre des vues incroyables. L’école est toujours en grève. Je m’ennuie assez souvent car pas beaucoup d’amis et je commence déjà à tourner en rond. On est début septembre, ça fait à peine 2 mois mais je suis impatiente, j’ai plein de projets qui mettent du temps à se mettre en place… Puis je commence à voyager avec le petit groupe qu’on commence à former: Boris et Arthur avec qui je pars à Buzios, puis viennent s’ajouter Alexia et Alain pour Ilha Grande et enfin notre super Road Trip avec Fanny et Henri en plus. Là je commence à vivre la grande aventure. Je n’ai jamais voyagé seule (j’entends par là sans les parents, sans l’école) et là j’en prends plein la figure. Des paysages extraordinaires et tellement variés qu’on dirait qu’on voyage dans plein de pays différents, des rencontres avec des brésiliens et étrangers adorables, des rapprochements dans notre groupe où se lient de vraies amitiés, des petites merdes parce que sinon c’est pas drôles et ça laisse pas de souvenir. Bref un super voyage.

Puis la rentrée, la fac n’est plus en grève. Commence à se mettre en place une petite routine qui au bout d’un moment commence à peser… Je n’ai cours que le matin, la fac est super loin, les cours ne sont pas intéressants. Je repense à ma vie en France où je cours partout entre les cours, le boulot, le cheval, le sport et les soirées. Ici je n’ai plus ma passion pour l’équitation, je ne fais plus de sport (j’ai grossi) je ne vois plus mes amies tous les jours et mes collègues au boulot… Je m’accroche seulement à mes futurs projets quand je rentrerai en France, mes conversations quotidiennes avec mes parents sur skype et mes fins de semaine tous identiques à Lapa. Ça fait très pathétique comme ça, mais j’étais vraiment pas bien. Parce que déjà le quotidien en France c’est nul mais dans une ville comme Rio où tu sais que t’as une chance incroyable d’y être mais que tu tournes en rond. Il y a plein de choses à faire mais dur de faire ça toute seule. Je commence à me rendre compte que les amis que je me suis fait ne sont finalement pas super proche de moi, je me sens super seule… Bref c’est un peu la désillusion et je cherche désespérément a avoir le même train de vie avec les mêmes amitiés qu’en France. J’aimerai avoir ma vie en France mais à Rio…

Puis Noël arrive et là je suis contente car j’imagine que les mois vont passer très très vite car vacances paradisiaques + carnaval + arrivée de mes parents et ma soeur + projet de voyage en Amazonie. Et effectivement cela passe assez vite, mais j’ai toujours ce poids en moi. Les vacances à Bahia, de la folie. On passe Noël sur le sable chaud à l’ombre des palmiers, un de mes meilleurs moments ici. Mais j’imagine ma famille toute réunie en train de partager de beaux moments ensemble, petit pincement au coeur… En rentrant à Rio, j’en ai marre, je ne comprends pas mon cours de projet, c’est tellement différent de la France ; les brésiliens me saoulent : ils sont lents, ils en font des tonnes quand ils parlent et je ne vois que ceux qui ne sont pas sympas. Mais le Carnaval arrive et là une semaine de folie, j’en prends plein les yeux. Mais tout de même, si le carnaval était aujourd’hui, j’en profiterai 10 fois plus. J’ai adoré le carnaval, mais l’état d’esprit dans lequel j’étais a fait que je ne l’ai pas vécu à 100%… Après cette semaine dont je me souviendrai toute ma vie, je veux rentrer. J’en parle avec mes amies, je veux rentrer en mai ou en juin, tant pis pour les cours, je préfère partir de Rio avec une bonne image plutôt que de rester encore jusqu’en aout et que j’en sois dégoutée. À l’époque, mon petit neveu vient de naître, je veux le voir, Natacha est arrivée en Inde et j’ai envie d’aller la retrouver pour voyager avec elle, être avec quelqu’un de proche, quelqu’un comme moi… Et surtout je suis super dégoutée car le voyage que j’avais prévu en Amazonie est annulé car tous les gens avec qui j’étais censée partir laisse tomber pour faire d’autres plans dont je ne fais pas partie. Je me sens vraiment mal, un peu trahie, j’ai besoin de m’éloigner… Heureusement une proposition 1000 fois plus intéressante s’offre à moi : je vais retrouver Mathilde au Mexique et vais voyager avec elle au Costa Rica. Le truc dont j’avais besoin! Je meurs d’impatience pour que cette période commence mais déjà Lara et mes parents arrivent à Rio et je leur fait découvrir la ville. On passe de super bons moments ensemble. Je redoute le moment où je vais me retrouver seule de nouveau. Lorsque ce moment arrive je me sens abandonnée. J’ai encore l’image dans ma tête : nous quatre attendant leur bus pour l’aéroport, on est soudé tous les quatre, puis ils montent et là toute seule au bout du monde, retour à la case départ (je n’avais pas du tout eu ce sentiment lorsque ma mère était partie la première fois). Je n’ai que 3 ou 4 jours à attendre avant de rejoindre Mathilde mais ils sont bien trop longs. Mes amies me remotivent et me disent que je dois rester à Rio (merci les kikis!!) mais je sais que je veux rentrer.

Puis arrive mon super voyage dans l’hémisphère Nord, ça me fait un bien fou. Après des mois seule je retrouve une très bonne amie qui partage les même envies, les mêmes passions, les mêmes goûts que moi. Je respire de nouveau. Mais à peine le séjour se termine que je redoute déjà mon retour sur Rio. Avant d’arriver à Mexico, dans l’avion je surplombe tout Rio et je vois la ville telle que je la voyais avant d’arriver (genre Google Earth tu vois?) et je me dis que c’est la même que celle dont je rêvais un an avant, que s’est-il passé pour que je veuille la quitter aussi vite?

En rentrant à Rio, j’ai une semaine assez molle, je suis contente de revoir tous mes amis que je me suis fait ici mais je déprime à l’idée de reprendre cette routine. Entre temps j’ai déménagé, j’espère qu’habiter à Copacabana, à 200 mètres de la plage, me redonnera du poil de la bête. Je parle avec Lila qui me rassure en me disant qu’elle même lorsqu’elle a fait son année aux États Unis, elle ne s’était acclimatée que les derniers 4 mois. Je me dis à ce moment là, ouais, encore une chance, youpi! (c’est ironique, je n’y croyais vraiment pas). Mon nouveau semestre commence, on est en avril et là, gros déclic : je change mes cours et en prends un peu moins, je m’inscris dans une salle de sport, et surtout dés qu’on me propose de faire un truc qui me fait envie j’y vais, je ne me force pas à faire des trucs dont je n’ai pas envie sous prétexte que je vais peut être raté quelque chose. Je me met à fond dans l’ambiance Carioca : je laisse aller. Je ne me prend pas la tête si mes journées sont pas très productives, j’accepte que les gens ne soient pas ponctuels/prévoyants/organisés. Bref, je deviens un peu plus tolérante et plus tranquille. Et je pense que c’est ça le vrai secret, jamais je ne pourrais avoir la vie que je mène en France, ici à Rio. Ma vie à Rio est bien différente, forcément. Depuis ce déclic je vis plus au jour le jour sans prise de tête. Je profite de chaque instant. J’apprécie les brésiliens qui bien que parfois agaçants sont quand même super cool et super chaleureux. Mes amis ici ne remplaceront jamais mes filles en France mais les liens que j’ai noué avec eux sont tout de même très forts. Certes on n’a pas les mêmes caractères et on ne s’intéresse pas aux mêmes choses, mais ce qu’on vit ici, on l’a en commun. Oui la vie est belle, faites l’amour pas la guerre, le monde est remplie de bisounours!

Sérieusement, merci si vous avez lu jusqu’ici, je fais ce texte plus pour moi que pour autre chose. Je voulais moi même comprendre ce qui s’était passé dans ma tête et je crois que c’est ça. Je suis un peu déçue d’avoir commencé et profité des choses si tard. Du coup j’ai pas super envie de rentrer mais je préfère ça plutôt que d’être rentrée plus tôt ou bien que d’être restée dans cet état d’esprit fermé jusqu’à la fin. Après attention, les premiers mois passés n’ont pas été nuls, loin de là. C’est juste que j’espérais mieux sans me rendre compte que c’était en espérant qu’on se gâcher le présent. Aujourd’hui, je suis clairement triste de rentrer en France. À part ma famille et mes amis, rien ne me donne envie de rentrer en France (à part peut être les chocolatines et le foie gras). Je redoute de me retrouver au milieu des gens dans le métro tirant la gueule et se critiquant tous. Je redoute les jugements permanents qu’il y a entre les français. Ici j’ai plus confiance en moi et j’ai peur de tout perdre en rentrant. J’ai peur aussi de ne plus faire d’efforts comme ici et d’être pire qu’avant en retrouvant mon caractère français : je fais la gueule et je critique tout le monde (ben ouais, je critique les français mais je suis la plus française des françaises ;) ). Bref que de choses à garder en tête, le meilleur est à venir et si c’est si nul que ça en France, les brésiliens sont super beaux et sexy, je me marierai avec un rentier et je passerai de beaux jours au soleil à parfaire mon bronzage (dit la meuf qui a passé la moitié de son année à s’ennuyer parce qu’elle avait pas de boulot ici…).

Voilà, j’ai fait ma J là non? (comprendra qui comprendra, en l’occurrence 5 kikis) Mais tout ça pour dire qu’il ne faut jamais baisser les bras (garde la pêche!), carpe diem comment qu’ils disent, on se prend pas la tête, on met son bikini fil dentaire et on fait la larve sur Copacabana! C’était l’histoire d’une pauvre fille qui s’ennuyait à Rio pendant que d’autres gens triment dure en tant qu’éboueurs à Dunkerque, désolée…

Je vous laisse quand même avec des photos pour justifier cet article trop long. Ce sont les fameuses photos en noir et blanc que j’ai pris pendant le séjour de mes parents. (Dites moi ce que vous en pensez mais j’aime pas trop le noir et blanc, ça fait triste, ça correspond plus à une ville comme Dunkerque que Rio) (désolée Dunkerque, j’y suis jamais allée mais je parle, je suis française que voulez vous, du sud qui plus est…)

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